Adriana Caula (dir.)

La ville entre documentaire et fiction

2005-2006

Cineforum

Présentation

En 2005-2006, le séminaire était organisé par Adriana Caula, Doctorante à la faculté d’Architecture de l’Université Fédéral de Bahia (Thèse : « Trilogie de ville utopique : urbanisme, bande dessinée et cinéma » dirigée par Paola Berenstein-Jacques), boursière de l’accord Capes-Cofecub, et accueillie pendant l’année 2005-2006 au Laboratoire Architecture/Anthropologie.

© Adriana Caula

Programme 2005-2006


Le Cinéforum approchera la ville à partir de trois angles : la ville réelle des documentaires, la ville entre le réel et l’utopique et enfin la ville utopique dans les films de fictions.
Ces trois angles nous permettront de comprendre le clivage entre la ville des habitants dans laquelle la dimension locale est au centre des enjeux, et la ville dite globale, qui se veut contemporaine, dans laquelle l’idéologie mondialiste porte à des utopies urbaines déjà mises en scène au cinéma auparavant.
Pour certains films sera organisé un débat entre chercheurs de différents domaines disciplinaires et directement intéressés par la thématique du film.


1. La ville réelle

Cette première série « La ville réelle » est composée majoritairement par des documentaires qui montrent la ville du point de vue du logement, des grands ensembles d’habitations, de la vie en banlieue et de la metropole. Des documentaires qui montrent le quotidien urbain, la relation homme/ville et la relation homme/habitation. Ils montrent les différentes visions de la ville à travers de rapports ludiques, comiques, engagés, critiques et de dénonciation.


Lundi 21 novembre 2005
« Edificio Master » (Master, un immeuble à Copacabana) de Eduardo Coutinho, BRA, documentaire 2002 couleur 1h30min

A la différence des personnages des films précédents de Coutinho qui, pour la plupart, habitent dans les favelas de Rio, ceux de l’Edificio Master vivent dans de petits appartements dans une sorte de HLM d’une quinzaine d’étages, en plein cœur de Copacabana. Coutinho filme ici la diversité du genre humain : ému, un retraité se souvient de sa rencontre avec Frank Sinatra ; une jeune fille brillante et schizophrène parle de sa maladie et lit ses poèmes écrits en anglais ; une jeune prostituée parle de sa fille et de la morale ; un musicien punk fait une performance muette et immobile pendant que le cinéaste discute avec un autre membre du groupe ; le syndic raconte comment il est parvenu à obtenir l’ordre dans l’immeuble.


Lundi 5 novembre 2005
« La tribu du tunnel » de Florent Marcie, FRA, documentaire 1995 couleur 48min

Richard, Sylvain, Nono et Pascal vivent dans un tunnel désaffecté du 13e arr. qu’ils ont peu à peu aménagé, recréant, avec frigidaire et télévision, un univers domestique de fortune. Pendant un an, le réalisateur a filmé la vie quotidienne de ces « tunnelois », fiers de leur organisation et soudés par une relation d’entraide et d’amitié. L’attachante personnalité de chacun et la qualité du regard porté sur l’aventure de ces SDF de la petite ceinture font de ce film un témoignage passionnant sur les exclus d’aujourd’hui.


Lundi 9 décembre 2005
« Notes pour Debussy » de Jean-Patrick Lebel, FRA, documentaire 1987 couleur 1h21min

En 1986, dans la "Cité des 4000" à la Courneuve (93), la "barre Debussy" est détruite par implosion. Interviewés, les locataires évoquent leurs souvenirs, la vie de cette cité HLM depuis sa construction au début des années 1960, la dégradation progressive des locaux, les conséquences sociales. Un souffle de combat contre l’inertie et le désespoir anime les habitants et revient comme un leitmotiv tout au long de cette enquête dédiée à Jean-Luc Godard.


Lundi 23 janvier 2006
« Naissance d’une banlieue, mort d’un village » de Sidney Jézéquel, FRA, documentaire 2000 couleur 53min

Évolution de la commune de Goussainville (95) depuis les années 1920 jusqu’à nos jours. Des lotissements ouvriers ‡ la construction des grands ensembles, le film retrace une histoire passionnante qui est aussi celle des habitants, de leurs conquêtes sociales, et de leur attachement à ce lieu. Mêlant archives et interviews, ce document retrace, à travers cet exemple, l’aventure de la banlieue et de son habitat.


Lundi 6 février 2006
« Petit a petit - Les lettres persanes » de Jean Rouch
FRA, fiction 1969 couleur 1h18min

Première partie de ce conte cinématographique en trois épisodes, improvisé en cours de tournage par des acteurs non professionnels. Le comique des situations donne toute sa saveur à ce film qui porte un regard caustique sur la société française. Deux Africains viennent visiter Paris pour voir les "maisons à étages", afin d’en faire construire une au Niger. Au cours de leurs pérégrinations, ils enquêtent sur les mœurs des Parisiens.


2. Autres villes - Entre le réel et l’utopie

La deuxième série - « autres villes - entre le réel et l’utopie » - présente cinq films très particuliers. Des visions de cinéastes de nationalités différentes qui construisent des villes singulières et des ambiances curieuses, partant de villes réelles ou de visions imaginaires. Ils créent des villes autres qui oscillent entre l’espace réel et l’imaginaire en apportant des questionnements pertinents à la ville, à la vie urbaine, et aux relations humaines.


Lundi 20 février 2006
« Playtime » de Jacques Tati, FRA, fiction 1967 couleur 1h35min

Des touristes américaines sillonnent les rues bondées de Paris pendant qu’un homme s’égare dans le labyrinthe de corridors d’un building ultramoderne. Film d’observation, Playtime s’amuse à critiquer de manière ironique la société de consommation et l’architecture moderne des grands centres urbains, où la vie de ses habitants est bouleversée par une logique abstraite qui régie la cité bureaucratique hiérarchisée. Tati fait de ce monde un univers délirant et poétique.


Lundi 6 mars 2006
« The Truman show » de Peter Weir, EUA, fiction 1998 couleur 1h43min

Un modeste assureur mène une vie calme et heureuse dans une petite île. Mais il se pose de plus en plus de questions. Pis encore, il se sent observé. Peter Weir pousse le vice du voyeurisme très loin, aux dépens d’un seul homme - Truman Burbank. Le monde entier est aux aguets dés que Truman Burbank bouge le petit doigt. Sans que notre héros le sache, sa vie est depuis toujours un feuilleton sans fin auquel assiste le monde entier. Et tous ceux qu’il côtoie - y compris sa mère, son épouse, et son meilleur ami - sont en réalité des acteurs, rémunères pour interpréter un rôle dans sa vie.


Lundi 20 mars 2006
« Paris vu par… » de J.Douchet, J.Rouch, J.D.Pollet, E.Rohmer, J.L.Godard,C.Chabrol, FRA, fiction 1965 couleur 1h32min

Le regard sur Paris de six jeunes réalisateurs de la Nouvelle Vague. Chaque cinéaste a filmé un quartier différent de Paris sur un ton ironique ou parfois même cynique.


Lundi 3 avril 2006
« Orpheu Negro » de Marcel Camus, FRA/BRA, fiction 1959 noir&blanc

A la veille du carnaval de Rio, Eurydice arrive de la campagne pour y retrouver sa cousine Sérafina. Elle fait la rencontre d’Orphée, conducteur de tramway et artiste adulé par le peuple pour ses qualités de danseur et de guitariste. Mais Eurydice, électrocutée par un câble de tramway, meurt en tentant d’échapper à son destin. Orphée la cherche partout... Le thème d’Orphée et d’Eurydice, seul sans bien aimée, pendant un carnaval de Rio contemporain et revu et corrigé par Marcel Camus. Palme d’or au Festival de Cannes de 1959.


Lundi 17 avril 2006
« Dogville » de Lars Von Trier, DEN, fiction 2003 couleur 2h58min

Dans les années trente, des coups de feu retentissent un soir dans Dogville, une petite ville des Rocheuses. Grace, une belle femme terrifiée, monte en courant un chemin de montagne. Elle fait la rencontre de Tom, un jeune habitant de la bourgade. Elle lui explique qu’elle est traquée par des gangsters et que sa vie est en danger. Encouragée par Tom, la population locale consent à la cacher, en échange de quoi Grace accepte de travailler pour elle. Lorsqu’un avis de recherche est lancé contre la jeune femme, les habitants de Dogville s’estiment en droit d’exiger une compensation, vu le risque qu’ils courent à l’abriter. Mais la pauvre Grace garde en elle un secret fatal qui leur fera regretter leur geste...


3. La ville utopique

La dernière série intitulée « la ville utopique » a des films qui présentent des villes utopiques nostalgiques, futuristes, pessimistes et surprenantes. Les visons sont critiques et montrent des villes qui traduisent l’inquiétude de l’homme, à travers le temps, face aux changements et problèmes urbains, spatiaux, de la vie urbaine, et de la société. Du « non-lieu » de Tarkovski au « quelque lieu » de Antonioni, traduisant dans l’archétype de l’île ce qui est montré d’une manière plus subjective dans le film de Capra, passant par les visons futuristes de Godard et de Gilliam qui mettent en image les tensions, les désirs, les problèmes, les peurs et les rêves de l’homme.


Lundi 24 avil 2006
« Brazil » de Terry Gilliam, USA, fiction 1984 couleur 2h22min

Quelque part dans le 20e siècle, dans une société entièrement dominée par la bureaucratie, Sam Lowry (Jonathan Pryce) est un des milliers de fonctionnaires qui travaillent au ministère de l’Information et qui jour après jour répète les mêmes gestes, les mêmes courbettes vis à vis de ses supérieurs. Sam ne se plaint pas du poste qu’il occupe car sa vraie vie, il la goûte chaque nuit dans ses rêves. Tout bascule quand un cafard (un bug) provoque un dérèglement dans cette grosse machine bureaucratique : on fait une erreur dans un ordre d’arrestation en confondant le nom du terroriste chauffagiste clandestin Tuttle (Robert de Niro) avec Buttle, le nom d’un honnête père de famille. Sam enquête sur cette erreur et rencontre Jill (Kim Greist) la figure angélique de ses rêves et entre au ministère du Recoupement pour en savoir plus sur elle. A partir de là les ennuis commencent, des ennuis qui vont faire passer notre personnage de l’État d’enfant à celui d’homme.


Lundi 15 mai 2006
« Alphaville » de Jean Luc Godard, FRA, fiction 1965 noir&blanc 1h35min

Le célèbre détective Lemmy Caution enquête dans Alphaville, mégalopole du futur régie par une planification implacable. Godard filme déambulations d’Eddie Constantine en lui redonnant le rôle de privé qui lui avait assuré son succès à l’écran. Parodiant le polar de série B et la science-fiction, Jean-Luc Godard réussit un film d’auteur en forme de fable contre le totalitarisme.


Lundi 29 mai 2006
« Stalker » de Andrei Tarkovsky, RUS, fiction

Une zone est interdite. La traverser présente un danger mortel. Pourtant des hommes s’aventurent dans cette région sous la conduite d’un « stalker ». C’est qu’il existe au centre de cette zone un endroit où tous les vœux sont exaucés. A la fin du voyage, pourtant, le stalker a perdu sa foi dans l’homme et dans la possibilité d’assurer son bonheur.


Lundi 5 juin 2006
« L’Avventura » de Michelangelo Antonioni, ITA, fiction 1960 couleur 2h20min

L’histoire des jeunes gens oisifs et fortunés qui font une croisière en méditerranée sur un yacht. Lors d’une escale sur l’île volcanique de Lisca Bianca, Anna, une jeune héritière désabusée, disparaît mystérieusement. Tandis que l’on recherche la jeune femme, Sandro, le compagnon d’Anna, est attiré par Claudia, la meilleure amie de la disparue. La recherche d’Anna devient peu à peu un simple prétexte pour les deux jeunes gens, et Claudia, qui résiste d’abord à Sandro, finit par tomber amoureuse de lui. Sandro la trompe cependant avec une call-girl, lors d’une soirée donnée dans un palace. Claudia, malgré son désespoir, offre à Sandro un ultime geste de pitié. Lors de la première, au festival de Cannes en 1960, le film a été accueilli par des huées et l’absence d’explication de la disparition d’Anna a été particulièrement décriée. Après cette première réaction, critiques et cinéastes se sont mobilisés pour défendre le film, qui est rapidement devenu un fleuron du cinéma « moderne » et a connu un réel succès.

OU

« El Viaje » de Fernando Solanas, ARG, fiction 1992 couleur 2h17min

Un adolescent quitte la Terre de Feu, où il vit, pour partir à la recherche de son père, qui se trouve quelque part en Amérique Latine. Son voyage se transforme en une quête initiatique qui nous fait pénétrer dans la réalité culturelle, sociale, et surtout mythologique de l’Amérique du Sud.


Lundi 19 juin 2006
« Lost Horizon » de Frank Capra, USA, fiction 1937 noir&blanc

Une révolution vient d’éclater en Chine et Robert Conway est obligé de prendre la fuite avec quatre autres Américains. Mais leur avion est détourné et ils arrivent dans une vallée tibétaine où le temps semble ne pas s’écouler ?

Adresse
Laboratoire Architecture/Anthropologie, École Nationale Supérieure d’Architecture Paris La villette
118-130 Avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris

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