Hala Obeid, Manola Antonioli (dir.)

Les limites dans la ville, la ville comme limite

Repenser les fragmentations et les discontinuités géographiques et sociales traçant les nouvelles frontières dans les villes du Moyen-Orient : Beyrouth, Jérusalem, Dubai

Ecole Doctorale : ED 434 Ecole de Géographie de Paris - Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Directeur : Manola Antonioli
Discipline : Architecture, Villes, Territoires
Date : 2015 -

Bien qu’une ville ne soit jamais conçue pour abriter une logique de séparation sociale ou même spatiale cela n’empêche pas les fragmentations et les discontinuités géographiques et sociales la traversant de devenir suffisamment fortes pour séparer et éloigner les habitants de la ville les uns des autres et créer une barrière matérielle ou même immatérielle selon les cas. Une fois ces fragmentations et discontinuités acquièrent force, pertinence et signification on peut désormais parler du concept de limites ou de frontières internes dans la ville. Ces discontinuités touchent désormais à la fois à l’aspect tangible et intangible de la ville.
On connait déjà les frontières qui se présentent sous diverses formes et qui jouent le rôle de limites entre les pays. Or, les limites ne se classent plus sous la forme la plus simple de cette présentation. De nos jours, l’évolution ou bien la mutation incessante et continue de la société présentant un degré de complexité élevé se traduit par l’affirmation et le dévoilement de nouvelles limites. Plus labiles et plus mouvantes, elles s’inscrivent notamment dans les espaces urbains internes à la ville. C’est peut-être là, plus qu’ailleurs, que les limites contemporaines prennent leurs sens.
Ces mêmes limites sont devenues non seulement dépendantes de l’espace mais aussi du temps, elles mutent avec le temps, elles changent, se modifient, s’élargissent et disparaissent tout en laissant une trace, un vide. Ainsi, les limites héritées, nouvellement érigées ou spontanément crées sont visibles et invisibles, matérielles et immatérielles, elles ont pour rôle actuel de séparer, de fragmenter, d’isoler et d’enfermer. Elles sont en train de diviser l’espace géographique en deux et la société en fragments. Ces limites deviennent des frontières infranchissables, un « entre-deux » schizophrénique.
En parlant des fragmentations des territoires et des sociétés, on ne peut qu’évoquer la question de la destruction d’une identité commune ou même l’évanescence de cette identité urbaine et sociale, ce qui induit une émergence de nouvelles formes identitaires qui se côtoient ou s’affrontent selon les cas. On trouve ici un nouvel aspect de l’identité, une identité qui ne suit plus les mutations identitaires simples. On parle alors d’une identité de limites qui se présente en tant que multitudes d’identités.
Plusieurs questions se posent dans cette recherche : Une fois qu’on admet que les limites internes de la ville - matérielles et immatérielles - sont variables et mouvantes dans l’espace et le temps et que ces mêmes limites sont les produits des discontinuités et des fragmentations géographiques mais surtout sociales et politiques, est-ce que ça serait possible de contenir ces ségrégations physiques et intangibles tout en recomposant ou même en réadaptant des espaces de cohésion et de tissage social qui pourront aider à la coexistence et à la coprésence spatiale et à l’apaisement des conflits ainsi qu’ à l’apprivoisement des différences ? En plus, Comment l’architecture pourrait-elle intervenir dans la transformation de ces limites matérielles et immatérielles afin qu’elles ne soient plus l’image du repli et de l’enfermement mais plutôt une porosité, une perméabilité et un lien ?
Les terrains de recherches respectifs : Beyrouth, Jérusalem et Dubaï doivent répondre aux diverses questions posées et aux divers types de limites tout en interrogeant les formes et les manières de faire avec les limites internes de la ville dans tous ses aspects : architectural, urbain, social, etc. Ce questionnement ne se restreigne pas aux limites mais s’étend et s’élargit afin de toucher et d’être au centre des causes principales de ces limites tels que les fragmentations et discontinuités géographiques et sociales, afin de les conceptualiser davantage tout en questionnement leurs rapports avec les effets-limites tels que : l’identité-limite, le repli, l’enfermement et le rejet.

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