Solène Leray, Alessia de Biase (dir.), Jean Marc  Besse (dir.)

Territoires soumis aux risques de l’eau.

Quelles perceptions de l’inondabilité pour quelles représentations des risques dans la construction de la métropole parisienne ?

Ecole Doctorale : ED 395 Milieux, Cultures et Sociétés du Passé et du Présent_ Université Paris-Nanterre
Financement : CIFRE ANRT en partenariat avec le CEPRI (Centre Européen de Prévention du Risque d’Inondation)
Directeur : Alessia de Biase
Co-Directeur :Jean-Marc Besse
Discipline : Aménagement de l’espace, urbanisme et anthropologie
Date : 2017

L’occurrence des catastrophes naturelles au sein de nos paysages « fabriqués », et plus particulièrement la multiplicité des situations et des évènements relatifs aux paysages inondables, questionnent l’Homme dans sa manière d’habiter le monde.
L’augmentation de ces situations « instables » permet de considérer l’habitabilité des territoires inondables tout autant qu’elle interroge la construction de nos relations à notre environnement, notre aptitude à nous adapter aux transformations induites par l’eau, notre souhait de vivre, de plus en plus avec, plutôt que de lutter contre.

Ancrée dans le contexte spécifique des territoires de la métropole parisienne, notre recherche questionne les perceptions de l’inondabilité et les représentations des risques qui en découlent. La particularité de notre démarche est de considérer les outils d’appréhension et de gestion des inondations afin de saisir de quelle(s) manière(s) les risques s’installent à l’intérieur du récit séquanien et comment ils sont intégrés au processus de fabrication de la métropole.

Alors quelle représente paradoxalement le principal risque naturel susceptible de toucher l’Ile de France, la mémoire de l’inondabilité y est réduite par l’absence de crues significatives depuis 60 ans. C’est pourtant au cœur de ces zones inondables que se concentrent les fragilités multiples d’espaces dont l’équilibre est aujourd’hui menacé. Comme les évènements de juin 2016 ont pu le montrer, le fantôme des crues parisiennes n’est pas une légende urbaine. Les nombreuses perturbations engendrées par l’élévation de la Seine et de ses affluents ont confirmé les vulnérabilités du territoire francilien et de ses habitants.

Cette prise de conscience « réactivée » de l’exposition de la capitale face aux inondations offre un terrain idéal de recherche quant aux matériaux, aux programmes et aux démarches « innovantes » dédiés à l’accompagnement de notre capacité d’adaptation face aux risques. A l’heure où la Seine se « ré-invente », où Paris est retenu comme l’un des 5 chantiers de prospective et d’innovation, où Paris devient Grand Paris, la prise en compte des phénomènes d’inondation participe au renouvellement des dispositifs techniques, fonctionnels et règlementaires. La prise en compte des aléas est ainsi associée au montage de projets transversaux, dont l’évolution tend à démontrer l’aptitude de la capitale à se « re »présenter comme ville innovante/ résiliente/ robuste*1.

Depuis l’étude de ce territoire en transition et à l’écoute de ses habitants, notre projet de recherche analysera les discours et les regards portés sur les risques afin d’interroger nos comportements face à l’incertitude et à la réversibilité d’espaces menacés. Ces moments de rupture, bien que déstabilisant dans les multiples dysfonctionnements qu’il engendrent, ne sont ils pas pour autant favorables à une nouvelle cohérence environnementale entre espaces habités et habitants ?
Les moyens, les vecteurs, les dispositifs à l’œuvre permettant d’intégrer le risque d’inondation révèlent ils une production et des choix politiques spécifiques ? La capacité de gestion des risques serait elle en passe de devenir un élément identitaire et fédérateur autour duquel se construit le futur de la ville ?

Questionnant le pouvoir imaginaire de l’eau et de l’inondabilité dans la capitale, notre travail proposera de dresser l’héritage et les horizons de deux cultures émergeantes, celle du fleuve, dont la réappropriation est un moyen fort de sensibilisation et celle du risque qui, si il n’est plus forcement perçu comme une contrainte mais selon ses potentiels, peut constituer un levier important du développement urbain. Dans la perspective d’investir la mise en acte de la figure de l’eau dans le processus de transformation urbaine, notre recherche tentera de comprendre, à l’appui des dispositifs en cours, si oui et comment nous sommes en train de passer d‘une ère de la résistance à une ère de la résilience ?

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