Boyle Heights : Notes de terrain périphériques
Recherche postdoctorale dans le département d’architecture à l’UCLA, Los Angeles, janvier-décembre 2010
Sandra Parvu
Dans la continuité de la recherche Les réenchantements de La Courneuve et de mon doctorat Relation de l’objet au territoire, je propose d’enquêter sur le processus de démolition de logements construits par le Gouvernement américain à Los Angeles ainsi que sur ses implications à l’échelle géographique de la métropole. L’organisme responsable de ces logements, la Housing Authority of the City of Los Angeles, a annoncé son intention de rénover les quatorze sites placés sous sa tutelle dans les prochaines dix années. Il ne s’agit pas d’une redéfinition ou d’une mise à jour de cette forme d’habitat, mais bien de la faire disparaître ainsi que les mécanismes de subventionnement qui l’accompagnent, caractéristiques d’une période très courte dans l’histoire de la ville (1939-1953).
Boyle Heights est un quartier à la limite est de la ville, sur lequel ont été implantés cinq grands ensembles, dont trois ont déjà été démolis et reconstruits. Cette destruction s’inscrit dans un effort plus large de gentrification de cette partie de la ville et elle s’accompagne de projets d’infrastructures. La population est majoritairement mexicaine, mais cette partie de la ville a accueilli des vagues d’immigrants tout au long du vingtième siècle : communautés juives de New York, Molokanes russes, japonaises, chinoises, mexicaines et d’Amérique latine. Le quartier a été le sujet de plusieurs expositions, articles et mémoires de recherches principalement en sciences sociales et en études urbaines.