Olivier Boucheron (dir.)

Cartografier le quotidien

Coordination : Olivier Boucheron
Date : 2005-2009

Démêler les lignes d’un dispositif, dans chaque cas, c’est dresser une carte, cartographier, arpenter des terres inconnues, c’est ce qu’on appelle un « travail de terrain ». Gilles Deleuze, “Qu’est-ce qu’un dispositif ?“

Cette recherche aborde la question des rapports entre identité et territoire par la présentation et l’analyse d’une expérience photographique dont l’objectif initial, tant esthétique que scientifique, était de rendre compte de la diversité et de l’inédit de certaines situations urbaines asiatiques.
Débutée en 1999 à Hanoi (lors de mon terrain de TPFE), l’élaboration in progress d’un corpus iconographique représentatif s’est effectuée au fil des années dans le cadre ou en marges d’autres recherches.
De Bangkok à Ulaan Baatar, en passant par Vientiane et aujourd’hui Dili s’est ainsi peu à peu constitué une sorte de géographie sensible et subjective de territoires en mutation accélérée.

La photographie (à l’instar du film) est, dans une situation d’investigation, un medium irremplaçable pour raconter l’Espace, l’analyser, le reconstituer, le simuler. Ce medium, support de connaissance plutôt qu’outil d’analyse, nous a tout d’abord permis d’appréhender une dimension presque cachée de la croissance urbaine. En effet, au cœur de la présence parfois écrasante des lieux construits, et en creux des politiques urbaines, s’élaborent par l’action à peine visible des devenirs humains et par les traces de leurs corps et de leurs imaginaires, des espaces de vie, des degrés d’intimité et un foisonnement d’inventions sociales et spatiales.

Parce qu’il rend compte du geste et de l’éphémère par son maniement précis et délicat, mais parce qu’il impose également d’initier un rapport physique aux territoires urbains, de les arpenter inlassablement et de changer son regard sur l’objet d’étude, l’usage de la photographie nous amène aujourd’hui à effectuer un retour réflexif sur la notion même de territoire. Il nous amène également à préciser le sens que nous voulons apporter aux termes de cartographie, dispositif et à introduire celui d’écosystème urbain en tentant, à titre expérimental, un premier essai de "cartographie des dispositifs". Ce travail théorique trouve son origine et sa matière dans l’appréhension et l’analyse mêmes des cultures spatiales des citadins, tel que l’objectif photographique nous les a révélées.

A force de ne voir dans les villes contemporaines que le résultat de l’imposition de modèles (qu’ils soient culturels, sociaux ou urbains) univoques et globaux, de ne mettre en exergue que leur « invivabilité » ou leur « insoutenabilité », de ne lire de leur histoire que la version « inscrite dans le marbre », on en oublie de décrire leurs transformations plus ténues, leurs détournements et d’y voir la marque d’une altération créative faite d’usages et d’usures. Il semble pourtant incontournable, d’ouvrir d’autres pistes de recherche et aller saisir au plus près, c’est-à-dire au cœur même de l’espace-temps du quotidien, la dynamique et les inflexions de l’anthropogenèse.

EN LIEN AVEC LE CHANTIER DE RÉFLEXION
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Qualifier la transformation

ou comment se projette l’idée de qualité de vie dans le futur Grand Paris

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Observatoire du Grand Paris : 3# Les temps en jeu. Passé, présent et futur dans le devenir de la métropole parisienne

Journée d’études, le 10 mai 2012 à l’ENSAPLV

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Observer l’absence de la vie dans l’espace urbain : à la recherche de la ville disparue

2010-2011

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« Chronotopie du projet de l’îlot de la poste centrale de Paris »

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« L’histoire en projet. La part du récit dans la construction et la rénovation de la cité des 4000 à La Courneuve »

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« Aux marges de la patrimonialisation. De la reconnaissance d’un panorama à la gestion d’un paysage culturel »