Méthode LAA : Cartes habitantes

Alessia de Biase (dir.), Hector Quiroz Rothe (dir.), Giulia Mensitieri

Colonia ou Barrio ?

Qu’est-ce qui fait quartier à Mexico aujourd’hui ?

11 février 2008 | Carnet de bord Workshop Mexico City


Quelle question poser au terrain ?

Afin de ressortir toutes les tensions et les différences de l’aire découpée, on a décidé d’approcher le terrain (dans les personnes des informateurs) par une question simple seulement en apparence.
Que fait quartier ?
Nommer un espace n’est jamais un acte anodin, bien au contraire c’est un acte fortement signifiant. Le mot quartier en langue française évoque, selon le contexte, le locuteur et la situation, un éventail de désignations possibles.
Comment traduire quartier en espagnol ?
Traduire « les mots de la ville » est une opération à faire avec précaution.

Peut-on parler de barrio ?
Ce mot évoque peut-être une dimension d’appartenance, de territorialisation, qui n’est pas nécessairement pertinente pour tous les cas à examiner. Dans le cas particulier de Mexico il peut avoir un sens péjoratif lié à la pauvreté et aux quartiers difficiles. Mais aussi il evoque une dimension historique et un sens d’appartenance très fort.
Un exemple emblématique : le Barrio de Tepito. C’est le quartier le plus violent de la ville et en même temps un des quartiers dont la population est très fière d’y habiter et résistante de toute intervention « extérieure ».

Peut-on parler alors de Colonia ?
Dans ce cas par contre on nuancerait la désignation de ces espaces par un caractère plus administratif, officiel, et donc peut-être distant des usagers. Le mot colonia (colonie) fait allusion à la colonisation d’un lotissement par les habitants du centre ville en 1900. L’usage dans le language commun fait aujourd’hui qu’on appelle le centre de la ville même « colonia centro » qui est un paradoxe... Ce même phénomène peut se voir dans la nomination des villes qui ont été absorbées dans la zone metropolitaine dans les cinquante dernières années, comme Coyoacan (la ville de Frida Kalho), qu’aujourd’hui est appelée Colonia Coyoacan. En revanche, les cités connues comme Unidades Habitacionales (Unité d’Habitation), grâce à Mario Pani, disciple mexicain révérenciel de son maître, Le Corbusier, ne seront jamais nommées, dans le langage commun, ni barrio ni colonia…
Mises à part ces exceptions le mot colonia s’applique à des milliers des lotissements de toute taille et origine diverses (formelle et informelle), il a un caractère neutre et en générale aucun implication identitaire.
Cependant quelques exceptions existent à cette condition « neutre » : la colonia Condesa et la colonia Roma, qui se trouvent au cœur de notre tranche. Dans ce cas « colonia » est presque synonyme de « barrio », en sens d’appartenance territoriale.

L’affaire se complique…

On a donc démarré l’atelier avec cette question - Colonia ou Barrio ? - qui nous paraît importante pour l’enquête en soi-même et en même temps pour connaître l’avis des étudiants, habitant tous à Mexico.
Après une longue discussion l’ambiguïté s’est bien confirmée et le groupe a opté pour formuler une question ayant les deux termes présents et en laissant ainsi choisir les habitants :

que es lo que hace colonia o barrio ?

Les 73 étudiants participants au Workshop démarrent ainsi leur terrain !

Workshop, Faculté d’Architecture, UNAM, Mexico city, salle K du 11 au 21 février 2008
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