Alessia de Biase (dir.), Jean-Yves Petiteau (dir.), Alexandra Quien

Perception du centre ville et de la place Napoléon par les habitants de la Roche sur Yon et proche périphérie

Financeur : Stratégie, Prospective, Observation des territoires. Mairie de la Roche sur Yon
Coordination : Alessia de Biase, Jean-Yves Petiteau
Équipe : Alexandra Quien
Date : 2004

Cette recherche relève d’une démarche anthropologique. Une approche qualitative sera centrée sur la mémoire et le parcours des habitants dans la vie quotidienne. Ce qu’on appelle : la mémoire au présent.

La recherche comprendra :
12 itinéraires in situ issus de 25 interviews réalisées (Jean-Yves Petiteau) :
soit : 10 personnes « ressources » (personnalités culturelles représentatives de différents milieux –age et classe sociale – et tout particulièrement celles qui peuvent nous présenter des habitants rarement ou jamais médiatisés) et 15 habitants, dont 12 « guides » susceptibles de s’investir dans une expérience d’une mise en œuvre d’un itinéraire.
6 films vidéo et 6 cartes du territoire en question 5Alessia de Biase et Alexandra Quien). Six personnes choisies parmi les 12 « guides » dessineront leur carte et deviendront acteurs d’un petit film qui aura comme sujet la place Napoléon (la place qu’elle tient dans la ville et dans leur mémoire).

Ces documents ont un double intérêt : premièrement proposer une lecture de la ville et de la place Napoléon à partir de la mémoire et des pratiques hic et nunc, des habitants.
Deuxièmement ces itinéraires, ces cartes et ces films vidéo pourront durant l’exposition être mis en scène, si l’équipe technique chargée de l’événement du bicentenaire accepte sa mise en œuvre. Les 12 itinéraires pourront être l’occasion pour les visiteurs de suivre à la trace un parcours et une lecture différente dans et de la ville. Ils retrouveront par la parole de chaque auteur le fil d’Ariane d’une redécouverte de la ville et de la place dans la ville.

La méthode :

Les itinéraires :
Lors de la journée de l’itinéraire, l’autre devient guide. Il institue un parcours sur un territoire et l’énonce en le parcourant. Le sociologue l’accompagne. Un photographe témoigne de cette journée en prenant un cliché à chaque modification de parcours, temps d’arrêt, variation du mouvement ou changement émotionnel perceptible. Le dialogue est entièrement enregistré. Ce dispositif ritualise la journée, l’équipe est repérable, l’expérience sera unique et non reproductible, quelque chose d’explicite va se livrer dans l’instant. Il s’agit bien d’un rituel qui repose sur l’initiation du chercheur. Le parcours n’est pas seulement le déplacement sur le territoire de l’autre, c’est en même temps un déplacement sur son univers de références. Le territoire est à la fois celui qui est expérimenté et parcouru dans l’espace-temps de cette journée, et celui du récit métaphorique. L’interviewé nous livre en situation une histoire au présent et la mise en scène de cette journée particulière confère à son récit la portée d’une parabole.
La journée de l’itinéraire est une transaction. Le sociologue en se déplaçant sur le territoire de l’interviewé ne fait pas seulement que dépasser les limites spatiales de ce qui lui est familier : devenir explorateur. En acceptant le parcours d’une guide, il aborde le territoire d’un autre par sa propre parole, le territoire se donnant à lire au fil de son récit. Le véritable déplacement consiste à abandonner sa propre lecture et à accepter la rhétorique de l’autre. La transaction c’est oublier ses repères tout en gardant la trace de cette perte, c’est identifier les marques d’un oubli.
La principale restitution d’un itinéraire est proche du roman-photo où la parole exacte de l’interviewé est chronologiquement découpée en articulation étroite avec chaque photographie. Son ambition est d’être lisible par tous. Une cartographie restituant le parcours de la journée de l’itinéraire permet d’articuler récit et territoire. C’est précisément parce que le récit ne fuit aucune dimension de la réalité sociale, qu’il est possible – pour chaque argument important énoncé par la personne au cours de la journée de l’itinéraire – de lier les textes analytiques centrés sur des points cruciaux en rapport avec l’objet de recherche. Outre la forme du roman photo, la notion de parcours devient évidente et indispensable pour aborder toutes questions concernant la culture urbaine et l’aménagement de la ville. La méthode des itinéraires n’est plus seulement recueil de récit, elle implique et met en œuvre un véritable dialogue.

Les films et les cartes :
Cette deuxième démarche est strictement liée aux itinéraires. Six personnes seront choisies parmi les douze « guides » d’itinéraires et seront ré-interviewés par l’anthropologue autour d’une seule étape de leur itinéraire : la place Napoléon. A chacun sera demandé le lieu dans lequel il désire être filmé. L’interview, filmée, commencera par le dessin de ce territoire de la part de l’interviewé et ensuite par le récit approfondi autour de ce dessin. La place dans ses pratiques quotidiennes et dans sa mémoire. La charge symbolique du récit nous restituera la valeur que la place Napoléon à dans l’imaginaire collectif.

Voir le film Regards issu de la recherche

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