Ioana Iosa

L’engouement pour le patrimoine : raisons, formes, imaginaires

Avis de soutenance d’Habilitation à Diriger des Recherches

Discipline : Urbanisme et Aménagement de l’espace, Université Paris Nanterre (ED 395)
Date : 02 juin 2021 à 14h30 « en distanciel » par le biais de la plateforme Webex

Résumé

Cette recherche révèle ce qui se cache derrière l’expression d’engouement pour le patrimoine, dont les médias se font volontiers l’écho de nos jours. Cette notion floue et récurrente, mérite en effet d’être questionnée afin de comprendre qui sont ceux dont on attend qu’ils se mobilisent et s’émeuvent pour la cause patrimoniale, mais aussi qui sont les artisans de cet engouement, ceux qui orchestrent et qui attirent l’attention publique sur les causes. L’appétence pour le patrimoine est-elle au rendez-vous, ou bien s’agit-il d’une supposition difficile à quantifier ? Est-elle ciblée ou bien s’agit-il plutôt d’une ouverture, d’une sensibilité qui ne fait pas de différence entre les causes ? Quel lien de cause à effet avec l’imaginaire et les narrations qui accompagnent l’objet et l’engouement ? Et quel rôle joue dans cette appétence la mobilisation et la mise en lumière de l’émotion patrimoniale, dont les recherches (Rautenberg, 2003 ; Heinich, 2009 ; Fabre, 2013) signalent depuis une dizaine d’années la montée en puissance ? Pour répondre à toutes ces questions, un travail empirique a été engagé auprès de plusieurs « faiseurs de patrimoine » qui se distinguent par leur dynamisme : les propriétaires du château de Meauce, dans la Nièvre, et les initiateurs et gestionnaires de trois achats collectifs de châteaux en ruine (à la Mothe Chandeniers, dans la Vienne en 2017, à l’Ebaupinay dans les Deux-Sèvres en 2018 et à Vibrac en Charente-Maritime en 2019). Ce travail empirique à partir de quatre terrains a été complété par l’analyse des conférences proposées par les organisateurs du Salon international du patrimoine culturel, éditions 2019 et 2020, ainsi que par l’observation participante du chantier de bénévoles du château de Meauce, édition 2019. A cela s’ajoutent des visites réalisées pendant l’été 2020 de sites d’exception comme Guédelon et Saint Fargeau, ainsi qu’un suivi constant du dispositif du Loto du patrimoine, éditions 2018 et 2019.

Le jury est composé de

Alessia de Biase, architecte et anthropologue urbaine, professeure à l’ENSA Paris La Villette, référente

Viviane Claude, architecte et urbaniste, professeure retraitée de l’Institut d’urbanisme de Lyon, examinatrice

Marie Cornu, juriste, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique, examinatrice

Maria Gravari-Barbas, architecte et géographe, professeure à l’Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne, rapporteure

Gilles Pinson, politologue, professeur à Sciences Po Bordeaux, rapporteur

Vincent Veschambre, géographe, conservateur en chef du patrimoine au ministère de la Culture, examinateur

EN LIEN AVEC LE CHANTIER DE RÉFLEXION
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