Manola Antonioli, Maxim Geny

La dimension-image de l’architecture Dispositifs et stratégies du courant post-critique nord-américain

École Doctorale : ED 395 MCSPP, Université Paris Nanterre, École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris La Villette
Directeur : Manola Antonioli
Discipline : Architecture, villes et territoires
Date :2017

La présente recherche propose d’étudier certains aspects et effets du phénomène d’esthétisation du monde dans la sphère de la production architecturale contemporaine.
Nous entendons ici par phénomène d’esthétisation à la fois le développement d’un capitalisme-artiste à l’échelle mondiale (L’Esthétisation du Monde, G. Lipovetsky & J. Serroy, 2013) et un glissement des valeurs morales vers des valeurs esthétiques (The Anaesthetics of Architecture, Neil Leach, 1999).
Il nous semble qu’une partie de la production architecturale est également sujette à ce déplacement, à cette potentielle réduction à l’image, ou tout du moins, à l’hypertrophie de sa dimension-image.
Nous postulons l’existence d’une « dimension-image » de l’architecture. Il s’agit de montrer comment l’architecture existe d’une autre manière que par sa seule présence physique et construite : par-ce que l’architecture passe par la fabrication de dessins et d’images, par-ce qu’il y a projet avant la construction, par-ce que le projet s’inscrit dans un cadre plus large, dans des stratégies économique, politiques, de communication, dans la fabrication d’identités, elle existe aussi d’une manière que l’on pourrait qualifier de virtuelle et de médiatisée.
Ce que nous souhaitons faire, outre expliquer les modalités de l’existence de l’architecture en tant que vecteur d’identités, c’est montrer comment les architectes s’emparent de cette dimension pour développer leur pratique, pour communiquer sur et avec le projet, et pour s’aménager de nouveaux espaces de réflexion et de nouvelles libertés dans la conception. Il s’agit aussi d’étudier un régime esthétique particulier, propre à cette dimension, et de voir ses liens avec la conception architecturale. L’architecture peut-elle échapper à ce phénomène d’esthétisation et de mise en image ? Quelles sont les implications pratiques et politiques d’une telle évolution ?
A travers l’étude de la controverse post-critique dans les facultés d’architecture américaine (années 1990-2000), nous tâcherons de comprendre comment un groupe de praticiens et de théoriciens de l’architecture se sont saisis de ces questions pour proposer des stratégies formelles singulières, et nous nous attacherons particulièrement à faire émerger les implications politiques et idéologiques de telles stratégies.
Le mouvement post-critique américain, comme le souligne George Baird dans son article Criticality and its Discontents (2004), s’est constitué en rupture avec la précédente génération d’architectes et d’enseignants, qui a participé à la réception de la théorie critique aux USA (P. Eisenman, M. K. Hays, J. Kipnis…). Ses instigateurs ont pour ambition de développer une nouvelle architecture et de nouveaux dispositifs formels en phase avec le monde contemporain (culture de masse, globalisation de l’économie, multiplication des images, sur-médiatisation…) et détachée des considérations « idéologiques » de leurs aînés. Cependant, les tenants de ce nouveau paradigme architectural « post-idéologie » reprennent formellement un certain nombre de concepts et d’acceptions qui tiennent une position centrale dans l’idéologie et la tradition philosophique néolibérale.
Ainsi, au-delà d’une approche purement historique, il nous semble opportun de faire émerger les influences politiques et théoriques qui nourrissent le mouvement post-critique pour en saisir les implications dans leur production (discours, écrits, édifices).

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