
Ce livret rassemble les communications présentées à l’occasion de la Journée de la Recherche de l’École nationale supérieure d’architecture Paris-La-Villette, tenue le 28 mai 2026 autour du thème « Langages, choses, pratiques : l’architecture comme in·discipline ». Issus des tables rondes, conférences et ateliers qui ont rythmé cette journée, ces textes témoignent de la diversité des objets, approches et méthodes qui animent aujourd’hui la recherche en architecture et urbanisme. S’interroger sur les motivations qui ont guidé la genèse de cette journée d’étude revient à comprendre l’urgence, pour nous, doctorant·es, de dé·construire notre posture scientifique. La pluralité de nos parcours académiques et professionnels façonne des regards hétérogènes qui convergent dans la reconnaissance de l’architecture et de l’urbanisme comme une « discipline indisciplinée », la diversité des approches nous permettant à la fois de structurer et de questionner ces champs de connaissance. Plus qu’un thème, l’approche in·disciplinée est devenue méthode, faisant de l’organisation de la Journée de la Recherche un acte performatif de déplacement de nos postures respectives aux savoirs.
Comment penser l’architecture comme in·discipline, non pour s’affranchir de toute rigueur, mais pour expérimenter d’autres manières de faire science ? Que comporte l’élection de l’architecture comme objet d’une recherche « indisciplinée » ? Quel statut l’in·discipline donne à l’architecture ou l’urbanisme ? Que l’on opère en tant qu’architectes, sociologues, anthropologues ou historien·nes de l’architecture, le savoir pratique et le savoir théorique s’entrelacent indissociablement.
Penser l’architecture et l’urbanisme comme in·discipline implique de déplacer continuellement la focale. Aucun angle d’approche ne suffit seul à saisir la diversité des savoirs, des objets et des pratiques qui composent le champ de la recherche architecturale. Ainsi, pour répondre aux questionnements de cette Journée de la Recherche, ont été mobilisés trois axes complémentaires : créer un langage, se rapprocher des choses et produire des pratiques.
Ce déplacement continue s’ouvre par le lexique mobilisé et inventé. Au-delà d’une simple nomenclature, l’acte de forger un langage se révèle être une condition de possibilité pour l’émergence du dialogue. Le vocabulaire partagé est ainsi devenu au cours de la Journée un prisme pour renouveler le regard scientifique et problématiser autrement nos objets de recherche. Une fois la possibilité de penser autrement ouverte par le langage, il s’agit alors de constituer des objets de recherches nouveaux capables de faire dialoguer des disciplines aux traditions hétérogènes.

