Alessia de Biase (dir.), Piero Zanini (dir.), Solène Leray

Traces de metropoles #3, traces des quotidiens

Usages et pratiques de l’eau

Lieu : Bordeaux, France
Période : du 18 au 26 septembre 2020
Organisateurs : Alessia de Biase, Anne Laure Moniot (Bordeaux Metropole)
Participants : Romane Adam, Alessia de Biase, Gabriela Castillo Cano, Sara Escudero-Rubio, Deborah Feldman, Thomas Gomes Daubernay, Thanh Thao Lê, Louise Lepage, Solène Leray, Piero Zanini.
Financeur : Bordeaux Métropole

Une dizaine d’années après l’étude anthropologique pour le centre-ville de Bordeaux, “Hériter de Bordeaux. Etude anthropologique pour le centre-ville” (dans le cadre du projet Re-Centres) porté par notre même Laboratoire (LAA) et dans la continuité des deux derniers workshops que nous avons conduit en collaboration avec Bordeaux Métropole autour de l’idée des “Traces de métropole” (2018 : les boulevards, 2019 : les nouveaux espaces publics), le projet de cette année propose de porter son regard sur les usages et les pratiques de l’eau dans le contexte de la métropole bordelaise.
Depuis le réaménagement de ses quais en 2009, la métropole a entrepris un travail de reconquête de la ville vers son fleuve. L’eau y est aujourd’hui un élément identitaire, une destination considérée à la fois comme une ressource écologique et économique, un élément technique et fonctionnel, un espace événementiel et de loisir, un territoire à protéger voir interdire, une coulisse ou, encore, un décor.

L’objectif du workshop est d’articuler la diversité des relations, projets, dispositifs et pratiques déployés par une multitude d’acteurs autour de l’eau afin de comprendre comment elle intervient actuellement dans le processus de transformation urbaine et plus généralement dans la fabrication de la métropole bordelaise.

Problématique et hypothèses

Il s’agit ici de considérer la Garonne de manière élargie, c’est-à-dire non pas seulement comme un axe linéaire traversant le territoire métropolitain (et ouvrant vers la mer), mais plutôt comme un élément fort à l’intérieur d’un réseau hydrographique constitué par une variété de cours et étendues d’eau que lui sont propres (des jalles aux esteys, des bassins aux lacs, en passant par les palus, les zones humides, etc...). Le workshop propose de regarder quelles relations existent aujourd’hui entre ces différentes “formes” d’eau en fonction des différentes figures qui les pratiquent, les traversent, les entretiennent, les protègent.
Observant le renouvellement de cette prise en compte de l’eau en tant qu’espace urbain à part entière, lieu d’expériences, de liaisons et d’histoires quotidiennes de la métropole, le workshop propose ainsi de questionner quelle place et quel rôle lui attribuent les riverains, les usagers, les exploitants, les gestionnaires et quels les récits et imaginaires se construisent actuellement autour de l’eau dans la métropole bordelaise.

Pour répondre à ces questions et dans la nécessité d’une mise en relation des différents rapports à l’eau, le workshop s’appui sur les hypothèses suivantes :

  • L’eau serait constitutive d’une expérience du paysage propre à la métropole bordelaise. Nous parlons « d’expérience » du paysage plutôt que de paysage tout court car nous mettons au centre la dimension du quotidien comme une pratique qui est étroitement liée au contexte spatial et social dans lequel elle s’inscrit tout en participant à le structurer. L’expérience relève ici du récit capable de rendre compte de la trame de relations, représentations et pratiques qui structurent le vécu de chacun de nous (en tant que résidents, acteurs, touristes, etc.) à l’articulation de différentes échelles spatiales et horizons temporels.
  • Le rapport à l’eau serait aujourd’hui fragmenté selon les différents savoirs et les pratiques impliqués . L’eau peut être considérée en tant qu’élément technique, fonctionnel, patrimonial, d’agrément/d’aménité. Si l’on s’intéresse de plus près à ces différentes manières d’appréhender l’eau, on pourra comprendre quels acteurs sont impliqués autour de quelles “formes” d’eau pour montrer la fragmentation actuelle et faire ressortir de possibles connexions. Les différentes narrations récoltées révéleront à l’analyse autour de quoi ces actions s’associent déjà ou pourraient s’associer.
  • La mise en lien de ces expériences, savoirs et pratiques pourrait contribuer à renouveler l’imaginaire métropolitain autour de l’eau et des relations qu’y entretiennent ses habitants. Si l’eau n’est pas seulement une ressource ni un objet technique (à contrôler, gouverner, etc.), mais aussi quelque chose de vivant et d’animé, c’est justement parce qu’elle est encore porteuse d’une présence, d’une histoire et d’une dimension métaphorique capables de nous interpeller, de nous dépayser qu’elle peut véhiculer une autre idée de l’urbanité bordelaise par ses qualités. L’association de ces différentes approches permettrait d’entrevoir des complémentarités et des résonances possibles entre ces rapports jusqu’ici opposés et souvent perçus comme contradictoires.

Workshop effectué dans le cadre du Post-master recherches en Architecture Ensa Paris La Villette

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