
Cette thèse s’appuie sur un travail ethnographique mené dans une zone rurale du Sud-Ouest français. Elle interroge la notion d’habiter à travers le prisme de la présence-absence. Ce travail met ainsi en tension l’habiter et le sentiment d’appartenance. L’ambition est de saisir la complexité des liens aux lieux.
Partant de l’hypothèse que ces liens impliquent et imbriquent lieux et personnes, il s’agit d’analyser comment ces liens prennent des formes différentes selon les trajectoires, les pratiques et les imaginaires. Cette thèse analyse alors comment s’articulent les multiples manières d’habiter un lieu - selon des temporalités et des formes de présence différentes -, avec d’autres dimensions comme le partage de pratiques et d’affinités ou encore le partage d’une mémoire ou d’un vécu commun.
Cette approche vise à dépasser une conception de l’appartenance fondée sur l’identification à un territoire. Il s’agit de montrer qu’elle se construit à travers des réseaux de sociabilité, notamment ceux qui se nouent autour des engagements associatifs - clubs sportifs, comités des fêtes, associations culturelles - lesquels contribuent à structurer la scène sociale locale. Ainsi, à travers l’analyse des sociabilités, cette thèse explore un “nous” relationnel qui dépasse l’identification à une localité. Ces multiples périmètres dessinés par les liens et par les sociabilités permettent aussi de saisir des décalages avec les périmètres administratifs définis par les structures territoriales.
Pour analyser les liens aux lieux et les formes d’appartenance qui en découlent, cette thèse se focalise donc sur plusieurs dimensions qui s’entrecroisent : la présence-absence, qui permet de repenser l’habiter et les limites des lieux ; les sociabilités, à partir desquelles se construisent les appartenances aux lieux ; et les différents périmètres de ces liens, qui permettent d’interroger la dimension “territoriale” de l’appartenance comme catégorie politique construite par les institutions locales.

