
À Paris, le « droit à la ville » s’impose comme un principe majeur des politiques urbaines, censé garantir à toutes et tous un égal accès aux espaces publics. Mais qu’en est-il de celles dont la présence demeure socialement contestée ?
Cet ouvrage explore la place des lesbiennes dans la ville à partir de leurs expériences vécues à Paris. Qu’elles circulent seules ou en couple, celles qui sont perçues comme lesbiennes – notamment par des hommes hétérosexuels – sont confrontées à des formes spécifiques de harcèlement au quotidien.
En proposant un éclairage sociologique inédit sur la lesbophobie, cette enquête montre comment celle-ci fragilise leur légitimité à occuper l’espace urbain, tout en les exposant à des formes de déni et de violence. Pour y faire face, les lesbiennes développent des stratégies d’ajustement, de véritables savoir-faire qui leur permettent de négocier leur présence dans la ville malgré les contraintes qui pèsent sur elles. Ces pratiques révèlent ainsi une tension constante entre visibilité et dissimulation de l’orientation sexuelle, au sein d’un environnement profondément structuré par l’hétéronormativité.

