
Les récents échanges dans le cadre de l’élaboration de la première Stratégie de la Recherche de l’École nationale supérieure d’architecture Paris-La Villette (ENSAPLV) ont amené l’ensemble des six laboratoires de l’école, AHTTEP, AMP, GERPHAU, LAA, LET et MAAC à réfléchir à ce qui faisait commun dans leur approche de la recherche en architecture. Les échanges ont ainsi fait ressortir la capacité de l’architecture d’être, avec ses « disciplines amies » qui teintent nos pratiques de la recherche, une puissance invitante.
Initiée et organisée par des doctorantes et doctorants de l’ENSA Paris-la Villette, cette journée propose d’ouvrir le débat : « Comment penser l’architecture comme in·discipline, non pour s’affranchir de toute rigueur, mais pour expérimenter nos autres manières de faire science ? ».
D’abord métier(s) s’articulant autour de l’art de bâtir, l’émancipation des beaux-arts et la création des Unités Pédagogiques lance des dynamiques autour de la recherche architecturale, dont le cadre disciplinaire est alors délimité « par les champs respectifs des études architecturales, de la recherche technologique et de la recherche urbaine », mais qui, dès 1976 « malmène[nt] les frontières entre les disciplines » .
L’architecture, déjà, se révèle in·disciplinée — les alliances nouées avec les disciplines amies (urbanisme, paysage, sociologie, anthropologie, histoire, écologie, géographie, philosophie, sciences de l’ingénieur…) entretiennent des ambivalences avec les frontières des disciplines.
Aujourd’hui, comment générer des connaissances dans les métiers de l’architecture avec l’introduction de nouvelles questions disciplinaires, et les nouvelles formes de faire de la recherche ?
L’essor récent des studies dans le monde anglophone signale moins une simple diversification de l’offre académique qu’une véritable reconfiguration des frontières disciplinaires. Ces postures déplacent les repères : elles construisent leurs concepts et paradigmes, transforment les mots et développent des méthodes, le tout en revendiquant une position critique d’indiscipline. Cette contestation d’une « science normale » permet de rendre visibles des objets longtemps jugés inclassables et des complexités ignorées. Dans cette reconfiguration, l’architecture n’échappe pas aux frictions à la fois dans sa construction en tant qu’in·discipline, mais aussi prise dans son rapport à la transdisciplinarité. Comment développer une rigueur située, relationnelle et légitime ? Comment tisser un langage commun quand les vocabulaires divergent ? Quelle place donner à la sérendipité dans la production des savoirs ?
Département recherche de l’ENSAPLV
23 rue des Ardennes
75019 PARIS
Contact : journeedelarecherche@paris-lavillette.archi.fr

