
Cette recherche doctorale se propose d’étudier l’interface complexe entre sacralité, territoire et protection environnementale dans le contexte italien. De nombreux espaces reconnus comme « sacrés » par diverses communautés religieuses, souvent locales, possèdent une dimension environnementale essentielle, au point d’être intégrée à l’identité et à la sacralité du lieu. Des exemples tels que le Sacro Monte di Varese (site UNESCO) ou le Sacro Monte di Crea en témoignent.
Ces espaces publics revêtent une forte connotation identitaire pour leurs communautés de référence, tout en étant perçus comme un bien commun à protéger tant du point de vue paysager (patrimonial) qu’environnemental (naturaliste). La sauvegarde des écosystèmes dans une perspective de durabilité gagne en importance, tant auprès des communautés religieuses que des acteurs politiques nationaux.
L’espace sacré possède un pouvoir intrinsèque en tant que résultat d’un acte de conquête et d’appropriation, opérant des critères d’inclusion et d’exclusion. Il s’agit d’un espace socialement produit, fruit d’une construction rituelle, culturelle et politique, et c’est en ce sens qu’il doit être investigué. Il représente et reproduit les valeurs d’une société, leur assignant une position dans le système culturel et social.
Ces espaces peuvent ainsi devenir l’objet de conflits, mais également constituer une opportunité pour les acteurs locaux de créer des politiques environnementales plus inclusives, en associant les minorités à leur élaboration.
L’Italie, grâce à son riche patrimoine culturel et naturel, abrite une multiplicité de Sites Naturels Sacrés (SNS) qui contribuent à la préservation des habitats et de la diversité écologique (par exemple Monte Sant’Angelo en Pouilles, le Bosco di San Francesco en Toscane, l’ascension de San Luca à Bologne). La reconnaissance de l’importance des SNS a conduit à l’élaboration de formes de gouvernance et de politiques spécifiques pour leur conservation. Leur intégration réussie dans les cadres de conservation existants peut favoriser un équilibre harmonieux entre activités humaines et préservation de la nature.
La question de recherche centrale de ce projet est la suivante : comment les communautés locales mobilisent-elles le capital symbolique des espaces sacrés pour négocier de nouvelles formes de protection et d’utilisation des terres avec les acteurs politiques ?

