
Le processus de modernisation agricole engagé depuis la seconde moitié du XXᵉ siècle s’est accompagné d’une dévalorisation et d’un effacement des pratiques paysannes et de l’agriculture de subsistance. La persistance et la reconfiguration de ces pratiques sont aujourd’hui principalement associées aux agricultures alternatives, qui se sont construites depuis les années 1970 en réaction à l’agro-industrie.
Pourtant, au sein des exploitations agricoles inscrites dans un modèle conventionnel, les pratiques de subsistance, d’entraide, de troc et d’échanges de biens ou de services continuent de rythmer le quotidien des agriculteur·rice·s.
À travers une démarche ethnographique multisituée, cette thèse s’intéresse aux pratiques ordinaires et aux conditions de subsistance dans les fermes conventionnelles, souvent invisibilisées dans les analyses socio-économiques du secteur agricole. La thèse vise à en explorer les capacités d’adaptation dans un contexte de crise du modèle agricole productiviste.
Le travail s’appuiera sur une immersion prolongée et une observation participante dans plusieurs fermes familiales du Massif central en plaçant la dimension relationnelle au centre de l’analyse. Il mobilisera les outils de l’enquête ethnocomptable pour saisir les arbitrages quotidiens et rendre visibles les pratiques non monétaires qui structurent l’organisation des fermes.

